Dossier spécial
Bonjour à toi, mon Guide Martyr
Autrice : Zahra Shafiei
Tes ennemis jurés ne savaient pas que cette lumière qui ne s’éteint jamais est une flamme qui illumine le cœur des croyants en la vérité. Ils se sont félicités mutuellement de la nouvelle de ta mort, ils ont célébré le fait d’avoir réussi à te tuer dans ta maison — non pas dans un abri où, prétendaient-ils, tu te cachais — mais dans cette même demeure modeste, dont le sol était couvert d’un tapis ordinaire et relativement usé, aux côtés de ton épouse, de tes enfants et de ta petite-fille de quatorze mois ; ils pensaient ainsi mettre fin à ton histoire et vaincre ton idéal.
Mais derrière les éclats de rire diaboliques des ennemis de l’humanité, on entend l’écho de cœurs brisés — ceux-là mêmes à qui tu t’adressais dans tes sermons et tes lettres, à qui tu parlais de la grandeur de la résistance pour la justice et la liberté — et qui, aujourd’hui, à travers le monde, témoignent : quelle vie majestueuse, quel destin héroïque.
Mais alors, pourquoi n’étais-tu pas dans un abri ?
Tu as choisi de consacrer toute ta vie à un idéal dont l’histoire remonte à des siècles de lutte et de résistance contre l’oppression et l’injustice, un idéal enraciné dans le sang des êtres humains les plus purs. Depuis l’époque où tu étais un simple étudiant en théologie dans le séminaire religieux et où tu as rejoint le mouvement des musulmans contre le régime maudit des Pahlavi, jusqu’au dernier jour de ta vie de quatre-vingt-six ans, en tant que Guide des chiites du monde, tu n’as jamais eu d’identité distincte de la mission de ta vie.
Te tenir aux côtés des opprimés, les accompagner et les soutenir sans condition dans leurs luttes contre les tyrans, sous toutes leurs formes et en tout lieu : ta longue existence, tes combats et ton action furent une interprétation sans équivoque de la devise « Hayhât minnâ adh-dhillah » (« Loin de nous l’humiliation »). Il ne reste donc aucune question quant au fait que tu n’étais pas, comme le disaient tes ennemis, dans un abri ou en fuite : tu étais au cœur du champ de bataille, tout comme ton peuple l’est au lendemain de ta mort, au milieu d’une guerre qui déterminera le destin de l’humanité, parmi le feu et la fumée, lançant un cri plus fort que le rugissement des missiles ennemis : « Hayhât minnâ adh-dhillah ».
Porte-drapeau du chemin de l’Unicité, Guide de la voie de la dignité et de la résistance.
À une époque de politiciens corrompus et idolâtres du pouvoir, tu as montré, en t’appuyant sur la puissance de Dieu, que la vie n’a de valeur que sous l’ombre de l’indépendance, de la dignité et de la foi. Ainsi, lorsque les ennemis menaçaient le destin de ton peuple par toutes sortes de menaces militaires et de sanctions économiques, tu indiquais la voie juste à un peuple qui avait prouvé, à maintes reprises, sa fidélité à ce grand idéal.
Mais toi, notre Guide digne de confiance, tu n’étais pas seulement la lumière qui éclaire la route des Iraniens ; tu étais aussi le défenseur des causes des opprimés palestiniens, afghans, libanais et irakiens, des combattants yéménites, des partisans irlandais de la liberté, des révolutionnaires afro-américains et de tous ceux qui portaient dans leur cœur le désir de libérer l’humanité des chaînes des démons sionistes et impérialistes. Au-delà de toutes les frontières et de toutes les races, tu étais le soutien des orphelins, le refuge des sans-voix et l’inspirateur des combattants. Quiconque cheminait avec toi sur la voie de la vérité se voyait illuminé par un rayon d’une lumière divine. À tes côtés existait un front de foi en Dieu assez vaste pour accueillir tous les êtres humains nobles du monde.
Salut à ton grand nom, chaque fois que les opprimés du monde souriront…
Un missile traverse le ciel de la Palestine occupée ; une jeune fille marquée par la guerre, dans un camp de réfugiés, lève les yeux vers le ciel et, d’une voix tremblante d’émotion, s’écrie : « Allâhumma saddid ramyahum » (« Ô Dieu, guide leurs tirs »). Les missiles atteignent leur cible et le mouvement se rapproche de la victoire. Un mouvement dont la graine fut semée depuis la mission prophétique, maintenu vivant par le sang de Hussein (paix sur lui) et de ses compagnons à Karbala, arrosé par le sang des martyrs au cours des siècles passés, jusqu’à ce qu’il te parvienne comme porte-drapeau.
Je jure par les larmes des mères et des pères endeuillés que tu fus le meilleur des porte-drapeaux. Et injustement, alors que tu jeûnais durant le mois béni de Ramadan, tu as été tué avec ta famille innocente. Pardonne-nous, parle à notre Imam Mahdi des douleurs et des épreuves de la communauté, et demande-lui de prier pour nous : afin que nous restions debout, que nous ne reculions pas, que nous résistions jusqu’à ce que nous entendions son appel céleste et que nous lui remettions l’étendard de la Révolution.
Paix sur toi et sur tous les martyrs qui t’aimaient.
04/03/2026



