Le regard particulier de l’Imam martyr, Sayed Ali Khamenei, sur l’Irak puisait sa source dans un amour et une affection indescriptibles
Entretien exclusif avec le Dr Mohammad Kazem Al-Sadegh, ambassadeur de la République islamique d’Iran en Irak
Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
Je souhaite la bienvenue à Votre Excellence l’Ambassadeur, le Dr Al-Sadegh, sur le média KHAMENEI.IR, et je vous remercie d’avoir bien voulu nous accorder ce temps, en particulier en ces jours où, après les funérailles grandioses et historiques du Guide martyr de la Révolution en Irak, vous avez été extrêmement occupé. Je vous en suis reconnaissant.
Comme vous le savez, l’Imam martyr, tant dans ses discours qu’en plus de cela, dans sa vie personnelle, avait un attachement particulier à la culture arabe et au pays d’Irak, et dans les souvenirs que l’on a de lui, que ce soit oralement ou par écrit, il y a de nombreuses références à sa présence durant la période où il était en Irak avant la Révolution islamique, et il parlait toujours de l’Irak avec un attachement très particulier. Après la victoire de la Révolution, lorsque le régime de Saddam a attaqué la République islamique, son regard envers le peuple irakien est resté constant et il parlait d’eux dans un esprit de fraternité et d’amitié. En fait, les discours en arabe de l’Imam martyr existent et contenaient des allocutions très fraternelles adressées à toutes les composantes, groupes, confessions et religions d’Irak. Notre question est en réalité ici : comment avez-vous vu ce regard de l’Imam martyr sur l’Irak, sa redéfinition et sa traduction au cours de votre ambassade en Irak, et quels étaient les conseils qu’il vous a donnés ?
- Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Je présente mes condoléances à vous et aux chers interlocuteurs à l’occasion des jours de deuil de Muharram, ainsi que mes condoléances pour le martyre du Guide de l’Ummah, l’Imam Khamenei. Son martyre a marqué un tournant dans l’histoire et un grand bouleversement s’est produit dans le monde. En Irak même, du nord de l’Irak, de Mossoul jusqu’à son sud, les gens ont observé le deuil, ont tenu des assemblées, se sont rassemblés et ont annulé nombreuses des cérémonies et traditions auxquelles ils se conformaient d’habitude.
L’Imam [Khamenei], en raison du regard profond qu’il portait sur les nations et de sa connaissance des cultures, accordait une attention particulière à l’Irak et aux Irakiens. Eh bien, ses écrits et ses discours existent, et il a toujours voulu un Irak, car c’est aussi le pays des Ahl-ul-Bayt et le centre du chiisme, un Irak fort, indépendant, libre et développé. Son conseil constant aux responsables irakiens était de préserver l’indépendance de l’Irak et de prendre en considération la liberté de la noble nation irakienne. Et son regard sur la Marja’iyah (Autorités religieuses) et les séminaires religieux était un regard particulier. Il avait un respect extraordinaire pour Son Eminence l’Ayatollah al-Uzma Al-Sistani et recommandait constamment que ses directives soient soulignées et suivies.
Le regard de l’Imam [Khamenei] sur la poésie, la culture et la littérature, et sa connaissance profonde de la poésie et des poètes, a étonné tout le monde. Lors des rencontres avec les poètes et les intellectuels, nous voyons cela constamment. Même pour la poésie non classique, si l’on veut dire la poésie folklorique, il y portait un regard profond et en avait une connaissance précise.
M. Mohammad Mahdi Al-Jawahiri, l’un des grands poètes d’Irak, lors d’une rencontre qu’il a eue avec le Son Eminence, ses compagnons rapportaient que le Guide suprême avait fait l’éloge de la qasida « Ayniyah » de M. Mohammad Mehdi Al-Jawahiri et avait récité toute la qasida par cœur, et avait même sorti le Diwan d’Al-Jawahiri de la bibliothèque et dit : « J’ai annoté vos poèmes et mentionné certains points. » M. Al-Jawahiri, en voyant cette scène, dit à notre Imam martyr : « Je doute qu’un leader arabe ait récité deux vers de ma poésie par cœur. Vous, vous avez récité une qasida entière par cœur et vous avez lu mon Diwan en entier. » Et il voulait se jeter sur la main du Guide et l’embrasser. Cela transmet la profondeur de la connaissance littéraire et culturelle du Guide concernant Al-Jawahiri et la culture de la nation irakienne.
Lors des rencontres avec les organisateurs des mowkebs, des scènes immenses ont été créées et les paroles généreuses et affectueuses du Guide suprême avec eux continuent de porter leurs fruits et leurs bénédictions, et ils nous les demandent constamment. Lorsque nous rendons visite aux mowkebs pendant l’Arbaïn, le souvenir est vivant dans leurs esprits, et ils souhaitaient que cela aurait dû se répéter du vivant de l’Imam Khamenei, Guide martyr de l’Ummah.
J’ai ici même une demande humble adressée à notre cher Guide, la lumière de nos yeux, Son Eminence l’Ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei, que, dans des conditions appropriées, si Dieu le veut, nous puissions reproduire cette scène avec les tribus irakiennes ; qu’ils se présentent devant lui et en sa présence, et ils en sont dignes. Nous avons vu cette ferveur enthousiaste qu’ils ont manifestée lors de son martyre et leur présence passionnée et pleine d’ardeur lors de la procession funéraire. Il est opportun que, si Dieu le veut, cela se réalise et que, au moment opportun, les tribus irakiennes se présentent devant lui.
Monsieur l’Ambassadeur, vous avez parlé de certains conseils de l’Imam martyr et de certains mots-clés qui reviennent très souvent dans ses discours, que ce soit lors des rencontres avec les responsables irakiens ou lors des rencontres publiques ; un Irak indépendant, un Irak développé, et l’attention particulière qu’il portait aux jeunes Irakiens, au point qu’il leur avait même écrit une lettre, en arabe et de sa propre main, où, en plus d’exprimer son affection en disant « إنّنی أحبّكم » (Je vous aime), il leur souhaitait en réalité un avenir radieux ; contrairement à ce que nous voyons dans les médias opposés à la République islamique et au Front de la Résistance, qui disent toujours le contraire à propos de l’Iran et du front de la résistance.
La question que je voulais vous poser ici est la suivante : quels étaient en réalité les conseils qu’il vous donnait et les plus récurrents d’entre eux dans le domaine politique, en tant qu’ambassadeur de la République islamique, lors des réunions et des rencontres que vous avez eues avec l’Imam martyr ?
Son regard global sur l’Irak est un regard inclusif. Il regardait l’Irak avec un amour et un attachement extraordinaires ; Et la phrase célèbre qu’il a dite lors de la rencontre avec les oulémas irakiens ; Il avait déclaré : « Entre nous et vous, c’est comme si notre chair est votre chair, et notre sang est votre sang ». Bien entendu, cette parole appartient à notre Imam martyr et a été prononcée par le martyr Raïssi, et elle a eu son effet en Irak.
L’Irak est un pays jeune ; cinquante pour cent de la population irakienne a moins de 25 ans, soixante-dix pour cent de la population irakienne a moins de 35 ans, et selon les statistiques officielles, 60 % de l’Irak est en âge de travailler, c’est-à-dire les hommes irakiens et les femmes irakiennes représentent un potentiel très élevé, et le regard de l’Imam a toujours été que les jeunes trouvent leur place dans la société irakienne, qu’ils pensent à l’avenir de l’Irak et y soient présents. Les Irakiens l’ont bien compris et c’est pour cette raison qu’ils regardent l’Imam avec une affection amoureuse.
Les scènes qui ont été créées lors de la procession funéraire sont des scènes étonnantes ; un adolescent qui Un adolescent qui courait après la dépouille pure du Guide et qui a enlevé sa chemise et l’a lancée avec amour, espérant qu’elle soit bénie, puis il est revenu, sa chemise dans la main, avec un enthousiasme et une joie particuliers. J’ai vu des jeunes qui, la nuit précédente, dans les parcs et sur les boulevards, avaient embrassé la photo de l’Imam et s’étaient endormis, attendant le moment où ils pourraient le voir et où leurs yeux rencontreraient la dépouille pure et le cercueil de de Son Éminence. Ces scènes étaient des scènes très romantiques et pleines d’affection que nous avons vues au sein de la société irakienne.
Son regard sur l’Irak est donc un regard particulier. L’Irak, malheureusement, en raison de problèmes d’infrastructure, est confronté à des problèmes d’électricité, et les contrats que nous avons dans le domaine de l’électricité, parfois lorsqu’un incident survient et que les exportations d’électricité diminuent, le Guide suprême insistait pour que — maintenant, en raison de problèmes financiers ou autres, je ne veux pas trop m’étendre là-dessus — la société irakienne soit prise en charge et que les préoccupations de la société irakienne soient prises en considération. Il considérait la sécurité de l’Irak comme notre propre sécurité, et la joie des Irakiens comme sa propre joie, et la peine des Irakiens comme sa propre peine. Ces messages sont parvenus aux Irakiens et ils connaissent la profondeur de son affection et de son amour.
Parfois, je leur demande quel est le secret de cet amour, ils répondent : « ses positions, ses soutiens ». Eh bien, pendant la guerre contre Daech, oui, la fatwa de de Son Éminence l’Ayatollah Al-Sistani a eu un grand effet dans la mobilisation de la nation irakienne pour la défense de l’Irak. Ils n’oublient pas ses ordres pour l’approvisionnement en armes de l’Irak ; sans contrat, sans que ... d’abord que les armes leur parviennent, qu’ils se défendent, ensuite les questions ultérieures se règlent, les contrats et les comptes. Bien sûr, ce n’était pas sans comptes, comme certains le pensent, mais le fait de poser des conditions, comme les Américains ou comme certains pays arabes qui ont tendu la main à ces derniers dans le besoin et ne les ont pas approvisionnés, ce n’était pas le cas de notre part. La République islamique a ouvert ses propres entrepôts et le martyr Soleimani a créé une épopée ; dans la mobilisation de la nation irakienne, dans la formation, l’organisation et la gestion du champ de bataille. Cette victoire a également été créée par la fatwa de la Marja’iyah, le Hachd al-Chaabi et le soutien de la République islamique, et le dossier de Daech a été clos grâce à la coopération de ces deux nations et de ces deux pays, que, si Dieu le veut, il soit toujours en voie de développement, et que nous gardions toujours à l’esprit les paroles de notre Imam martyr et que nous soyons assidus et actifs dans le développement et l’approfondissement des relations, si Dieu le veut.
Dans vos propos, vous avez fait référence aux cérémonies que nous avons eues après le martyre de l’Imam martyr dans tout l’Irak, à leur ampleur et à leur forme. Je voulais que vous nous en disiez un peu plus, si possible, sur ces cérémonies ; si vous y avez participé, si vous y avez été invité ou si vous y étiez présent vous-même. De même, concernant la procession funéraire et comment cette idée de la procession funéraire de l’Imam martyr en Irak s’est formée et comment elle a été créée.
Je l’ai dit, en Irak, de Mossoul à Bassora, du point le plus septentrional de l’Irak au point le plus méridional, nous voyions l’ambiance de deuil, de douleur et d’émotion. Eh bien, après que l’Imam a été tombé en martyr pendant le mois de Ramadan, l’Aïd ul-Fitr, l’Aïd ul-Adha et l’Aïd ul-Ghadir sont des fêtes respectées pour les Irakiens. Lors de l’Aïd ul-Fitr, une scène à Beyn-ul-Harameyn, lors de la prière de l’Aïd ul-Fitr, a été diffusée sur les grands écrans; une comparaison entre la prière de l’Aïd de l’année dernière et celle de cette année. De manière spontanée, très organisée et sans ordre, le peuple lui-même a exprimé son deuil. Vous mettez deux photos côte à côte ; l’une entièrement blanche et l’autre entièrement noire. Lors de l’Aïd de l’année dernière, ils portaient des chemises propres, neuves et blanches ; cette année cependant, ils sont entièrement vêtus de noir.
Dans les familles, des amis que nous voyons nous disent : « Notre famille est en deuil ». Des pleurs, des lamentations et des marques de tristesse. Dans les lieux et les ruelles qu’on fréquente, ils ont installé une banderole sur laquelle il est écrit : « Une cérémonie de deuil féminine pour le martyre de l’Imam Khamenei », et ils en ont organisé plusieurs . Les tribus ont annulé leurs visites de fête. L’administration des saintes sanctuaires alaouite, husseinienne et abbassi, lors des fêtes annuelles et des anniversaires des Imams, ornaient les mausolées de fleurs. Après le martyre du Guide suprême, cela n’a pas eu lieu. Sur les vitres de leurs bureaux de protocole, ils ont écrit : « Nous n’acceptons aucune félicitation à l’occasion des fêtes ». Cette année, ils ont déclaré l’annulation des visites de fête.
L’un des hauts responsables judiciaires irakiens a déclaré que pendant les quarante jours après le martyre du Guide suprême, nous n’avons enregistré aucun mariage. Dans les provinces chiites, leur loi exige que les mariages soient enregistrés devant les tribunaux. Eh bien, ce geste n’est pas un geste négligeable ; cela signifie qu’ils ont annulé toutes ces cérémonies et qu’ils ont reporté les mariages à un autre moment.
Parmi ces dons, un enfant de onze ans a apporté son vélo ; une fillette de quatre ans et une de cinq ans ont retiré leurs boucles d’oreilles et les ont offertes. Nous, à l’ambassade, ici, nous collections les dons. En moins d’un mois — maintenant, que ce chiffre soit mentionné ou non — cinq millions de dollars, approximativement l’équivalent de cinq millions de dollars, ont été collectés, et près de plus de trois kilos d’or ont été donnés par les gens. Étant donné que la fatwa de Son Eminence l’Ayatollah Al-Sistani était d’aider l’Iran et le Liban, quand ils [les Irakiens] venaient à l’ambassade, cela signifiait que leur aide était destinée à la République islamique. Mais nous leur avons recommandé de ne pas oublier les Libanais et les collègues au guichet consulaire disaient aux donateurs : « Si possible, - par exemple, parce que le peuple libanais et les partisans du Hezbollah sont également déplacés et dans des conditions très difficiles, et que c’est l’hiver et qu’il fait froid -, d’allouer une partie des dons aux Libanais ». Ils répondaient : « La République islamique a sa propre place ; et voici un don à part pour le Liban». C’est-à-dire qu’ils sont venus sur le terrain pour les deux pays, avec un très bon sentiment, et ont aidé et fait des dons.
Je reviens à la scène du vélo. Lorsqu’ils l’ont offert, le conseiller culturel, en retour, leur a offert un bon vélo en cadeau, ils l’ont pris et l’ont offert encore. Mais la scène intéressante fut qu’un député m’a appelé et m’a dit : « En reconnaissance de l’effort de ce jeune et de son sacrifice, j’ai acheté une voiture et je veux la lui offrir en cadeau, et je veux que vous soyez présent à cette cérémonie ». J’ai dit : « Je dois assister à une cérémonie à laquelle les tribus m’ont invité dans l’une des provinces ; je m’excuse, je ne peux pas y assister ».
Un événement encore plus étonnant s’est produit : cette même famille du vélo, ce même enfant du vélo, m’a appelé et m’a dit : « Ce vélo que j’ai donné, on m’a donné une voiture et je veux revenir à l’ambassade pour offrir cette voiture à la République islamique ».
Où pouvez-vous voir la profondeur de l’affection, du lien et de l’amour qui existe entre ces deux nations, et rien d’autre que le centre de gravité qu’est l’Imam Hussein et les Ahl-ul-Bayt ne se produit. Ce slogan très juste a été lancé lors de l’un des Arbaïn : « L’amour de Hussein nous réunit ». C’est ce qui se passe ici et nous sommes témoins de telles scènes.
Quoi qu’il en soit, de nombreuses tribus dans différentes provinces m’ont invité et, avec une présence armée, ont déclaré leur disponibilité en soutien à la République islamique, annonçant que nous sommes venus pour la défense. La République islamique, par cette guerre, nous a rendus fiers et honorés. Cette défense qui a été faite du chiisme, de la nation islamique, de l’Axe de la Résistance, c’est la République islamique qui la défend. Nous sommes prêts et nous irons combattre ; je leur ai dit : « mes Frères, c’est une guerre aérienne ; si c’était une guerre terrestre, vous seriez certainement présents avant nous et vous prendriez part au combat ».
Donc, des événements très intéressants ont eu lieu. Dans l’une des provinces où j’étais allé, la province de Wasit, je parlais devant les tribus. Après la fin de la cérémonie, l’un des cheikhs respectés de cette province m’a apporté un fusil Berno, avec sa bandoulière et tout. Il a dit : « Ceci a été offert par le père de mon grand-père à mon grand-père, mon grand-père l’a offert à mon père et mon père me l’a offert ; mais moi, par amour, attachement et respect pour la République islamique, l’Imam martyr et ce que la République islamique a fait, je vous offre ce fusil. » Et maintenant, je l’ai placé quelque part dans mon bureau avec fierté. Cette scène illustre la profonde connexion entre les deux nations.
Ou à Nassiriya ; la province de Nassiriya a ses propres conditions particulières. Ils m’ont invité deux fois. Cette procession funéraire symbolique spontanée dans la première province a commencé à Nassiriya. Par la suite, nous avons été témoins des cérémonies commémoratives, le deuil et les déclarations de solidarité.
Ailleurs, je suis allé dans la province de Babil. Un jeune Irakien, un poète éminent, a véritablement ému l’assistance avec une qasida ; des paroles très élevées et des thèmes d’une grande excellence. Si vous me le permettez, je vais en réciter un vers en arabe, puis nous le traduirons. Il a commencé ainsi : « Avant que vous n’ensevelissiez son corps parmi nous, nous voulons Khamenei pour nous acquitter de notre dette envers lui. » C’est-à-dire : avant que vous n’ensevelissiez l’Imam martyr, amenez-le pour qu’il soit près de nous ; nous voulons lui rendre hommage. Et avec des expressions très élevées, « nous frappons tant nos poitrines en son deuil que nos mains s’en trouveraient coupées ; à Najaf, aux côtés de notre maître l’Émir des croyants, nous versons tant de larmes que nous le laverions avec les larmes de nos yeux ». De nombreux thèmes et exemples ont été observés ici.
Eh bien, à l’ambassade, nous avions différents groupes populaires qui venaient et demandaient la procession funéraire de la dépouille [du Guide martyr]. Ou lors de nos déplacements parmi les populations des provinces, des pétitions ont été rédigées ; des lettres ont été signées par les cheikhs et les tribus et nous ont été envoyées. Plusieurs députés sont venus ici même à ce bureau et nous ont remis une lettre, au nom de 107 députés, adressée au président de l’Assemblée Consultative Islamique d’Iran ; ils demandaient la procession funéraire de son corps pur en Irak. Et ils ont présenté un stylo rouge, qui symbolisait le sang et le lien du sang, et que nous sommes prêts, par exemple, à offrir notre sang.
Des discussions ont eu lieu avec les responsables de la République islamique et nous avons présenté cette demande. Différents endroits avaient également cette demande. Des institutions de la République islamique, le bureau du Guide suprême à Najaf, ont eu des demandes similaires, et à divers endroits, un mouvement a eu lieu. Cette demande de la noble et fière nation irakienne a été transmise à la République islamique et l’accord y a été annoncé. Des discussions ont également eu lieu avec le Premier Ministre irakiens sur le fait que nous avons cette demande à différents endroits ; de la part des tribus, des savants, des jeunes, de différentes composantes, voire des ethnies de la société irakienne ; et que devons-nous faire avec cela ?
J’ai discuté avec deux Premiers Ministres. Lors du premier mandat, j’ai discuté avec M. Soudani. Il a dit : « Avec grand plaisir, moi-même, ma famille et même ma mère serons présents en première ligne des participants à la procession. » Maintenant, le fait qu’il ait mentionné sa mère en particulier, il voulait rappeler cette scène où, pour participer aux élections, il avait amené sa mère en fauteuil roulant. Cette scène est dans les esprits des Irakiens, qui ont bien sûr participé à la cérémonie de la procession ; lors de la procession officielle à l’aéroport de Najaf.
Avec l’actuel Premier Ministre, M. Ali Zaydi, j’ai également discuté avec lui. Il a dit : « C’est avec fierté que nous acceptons cette cérémonie, et il n’appartient pas exclusivement à l’Iran, mais il appartient à tous les chiites ; notre Ayatollah martyr, l’Imam Khamenei. » Et ils ont accepté et ont formé un comité supérieur, sous la responsabilité de son chef de cabinet et d’autres membres. Et vous avez vu, tant sur le plan logistique que sur le plan sécuritaire, quel grand travail ils ont accompli et une cérémonie grandiose, majestueuse et en toute sécurité a eu lieu.
Sur le plan logistique, je l’ai appelé « Arbaïn anticipé » ; avec la présence des mowkebs et l’accueil des populations dans les villes saintes de Najaf et Karbala et sur le chemin de l’Arbaïn. Lors du mouvement du véhicule transportant la dépouille pure sur le chemin de Najaf à Karbala, nous avions également demandé aux responsables de prévoir des arrêts sur le trajet. Pour que les gens puissent faire leur deuil et accomplir leurs cérémonies spécifiques, les yazleh et leurs slogans particuliers. Et le corps n’a pas pu parcourir facilement ce chemin, pour lequel une heure, une heure et demie avait été prévue, pour arriver à destination ; et cela a fait que nous avons prolongé la cérémonie jusqu’à près de l’appel à la prière de l’aube à Najaf et Karbala, et le corps a été transféré avec retard vers le sanctuaire sacré de Machhad.
Monsieur le Docteur, pensiez-vous que nous aurions cette foule de plusieurs millions, immense et historique, lors de la cérémonie funéraire ?
Nous comprenions l’amour et l’attachement du peuple. Le Guide suprême aimait ce peuple et s’était adressé à lui dans sa propre langue. Cela a eu un grand effet sur eux ; le fait d’être adressés dans leur propre langage et leur propre culture. Je leur demande : pourquoi aimez-vous l’Imam avec tant d’amour passionné et avec un attachement si extraordinaire ? Son visage, son sourire et ses paroles ont un attrait particulier pour les cœurs. Les élites disent que le Guide suprême ne passe pas facilement à côté des événements historiques ni de ce qui se produit dans le monde ; il prête attention à la Palestine, au Liban, au Yémen ; à la défense des démunis, la défense des opprimés, la défense des hommes libres. Nous avons vu cela sur le terrain dans sa fatwa pour l’Irak, dans sa défense de l’Irak lors de la guerre contre Daech, dans ses éloges et son encouragement à lutter contre l’occupation. Tout cela est présent dans l’esprit de ce peuple et ils ont créé ces scènes. Pour être honnête, nous imaginions qu’une foule assez considérable y prendrait part, qu’ils viendraient par millions, mais cette scène que nous avons vue dépasse toute imagination.
Comment évaluez-vous les effets de cet événement, en particulier dans les relations entre les peuples iranien et irakien, et comment cette relation sera-t-elle à l’avenir, après cet événement historique qui s’est produit ?
Nous voyons ces scènes de profonde connexion entre les deux nations lors de l’Arbaïn. Chaque année, entre l’Iran et l’Irak, onze millions cinq cent mille pèlerins ou personnes, disons, effectuent des déplacements entre les deux pays. Bien sûr, la plus grande part revient à la République islamique. Environ trois millions et demi d’Irakiens se rendent chaque année en Iran, pour divers motifs ; à la fois pour le pèlerinage, le tourisme, les soins médicaux, l’économie et le commerce. Mais la plus grande part, dont environ quatre millions concerne la Marche d’Arbaïn, a créé des liens sociaux et des échanges entre les peuples. Cet événement qui a eu lieu, je pense, sera un facteur supplémentaire pour approfondir les relations, pour que les affections prennent une autre forme.
Vous avez vu la présence des mowkebs irakiens sur les terrains et combien elle était efficace. Naturellement, les ennemis font de grands efforts pour créer la discorde entre ces deux grandes, immenses et nobles nations ; mais au grand dam des ennemis, si Dieu le veut, ces affections, ces cercles, ces liens, prépareront les deux pays à l’heureuse apparition de l’Imam du Temps, et que cette ville devienne la capitale de l’Imam du Temps, et que cette connexion et ce lien profond de cœur, de croyance et de culture entre les deux nations prennent une forme plus forte.
Monsieur l’Ambassadeur, en guise de dernière question, jetons un regard sur l’expérience de quatre ans de votre ambassade en Irak, en tant qu’ambassadeur. Naturellement, vous avez eu de nombreuses réunions et rencontres avec des personnalités irakiennes, et de même en Iran avec des responsables, en raison de vos fonctions à l’ambassade, et notamment avec le Guide de la Révolution. Dans ces réunions, du côté irakien, nous voudrions savoir ce qu’ils disaient de l’Imam martyr et en réalité du regard de l’Imam martyr en particulier, s’il y a un souvenir particulier de personnalités irakiennes qui ont dit quelque chose à son sujet ou sur son regard sur l’Irak ; et de même, je vous prie, des réunions que vous avez eues avec lui ou des rencontres avec l’Imam martyr et un souvenir particulier et mémorable, veuillez nous les mentionner.
Eh bien, il y en a ; il y a des souvenirs. Certainement, si mon temps le permet, si votre temps le permet, je les mentionnerai dans votre programme.
Lors du déplacement du président irakien de l’époque à Téhéran, ils ont eu une rencontre avec le Guide suprême. M. Qassem al-Araji, conseiller à la sécurité nationale, était présent à la réunion et, après la réunion, il a demandé au Guide suprême s’il pouvait lui offrir une bague ou un keffieh. Le Guide, avec une grande bienveillance, a dit : « Nous vous donnons les deux » ; il a retiré la bague de son doigt et l’a donnée, ainsi que le keffieh qu’il avait sur l’épaule.
Eh bien, l’un des autres responsables, qui était conseiller à la sécurité du président, a dit : « Mon Guide, nous voulons aussi une bague. » Il n’y avait plus de bague à son doigt. Il a dit : « Apportez des bagues, nous en donnerons ; nous donnerons des bagues. » Nous avons vu la scène, c’était une situation propice à la prise ! Je me suis permis de dire au Guide que nous aussi nous voulions une bague. Il a dit : « Nous vous en donnerons. »
À la sortie, ils ont apporté une poignée de bagues et il en a choisi une, a fait une prière et l’a donnée à cet invité irakien. J’ai eu la chance, avec la présence de certains responsables au bureau, que la discussion se poursuive sur certaines questions et quelques minutes se sont écoulées. À la sortie, je n’ai plus osé lui dire que je voulais la bague. Ensuite, j’ai dit : « Mon Guide, faites une prière pour nous. » Le Guide a compris : « Ah, apportez les bagues. » Ils ont de nouveau apporté une poignée de bagues, il me semble que j’en ai pris trois et je les ai reposées ; la quatrième, qui avait une belle couleur améthyste lilas et que j’aimais beaucoup, Son Eminence me l’a donnée, nous la mettons sur nos yeux et nous sommes fiers de ce précieux cadeau de sa part.
L’un des souvenirs agréables est que le Guide, lors de ses derniers voyages provinciaux – je pense qu’après cela il n’a plus fait de voyage provincial –, l’un était au Kurdistan et l’autre dans la province de Kermanshah ; il y est allé l’un après l’autre, au cours des deux dernières années de ses voyages.
Dans la province du Kurdistan, le martyr Soleimani a dit à moi-même et au général Masjedi : « Allez dans la région du Kurdistan irakien et parlez avec les responsables de la région, M. Barzani et le regretté M. Talabani qui était alors président, pour qu’ils veillent à la sécurité et qu’aucune balle ne soit tirée depuis la région du Kurdistan irakien, par les éléments contre-révolutionnaires qui s’y trouvent, en direction de la province du Kurdistan iranien, de la ville de Sanandaj et d’autres endroits. Cela ne doit pas arriver. »
Nous y sommes donc allés, en compagnie du général Masjedi. Ce message a été transmis de manière appropriée aux responsables de la région du Kurdistan irakien de l’époque. Le martyr général Soleimani a dit : « Tant que le Guide sera dans la province du Kurdistan, vous ne reviendrez pas. Lorsqu’il aura pris l’avion et sera retourné à Téhéran, vous pourrez revenir. » Et c’est ce qui s’est produit.
Après le voyage, nous sommes allés voir le général Ostovar, qui était alors commandant du quartier général Hamza et responsable de la sécurité du voyage. Nous lui avons demandé des souvenirs du voyage et autres. Il a raconté une scène et a dit qu’un jour, le Guide avait dit : « Allons faire du sport. » Lors de sa randonnée matinale à la montagne, il y avait différentes personnes ; mais il y avait aussi un jeune homme et une jeune fille qui participaient à cette randonnée. La jeune fille n’avait pas un voile islamique complet dans son apparence. Quand elle a vu le Guide, elle a été gênée et s’est arrêtée dans un coin. Notre Imam martyr les a salués avec cette bienveillance et cette affection paternelles. Dès qu’il les a salués, cette jeune fille a eu la gorge serrée et s’est mise à pleurer.
Nous lui avons ensuite demandé : « Pourquoi as-tu pleuré ? » Elle a dit : « Un sentiment étrange m’a envahie ; un sentiment paternel m’a envahie et si ce n’était pas une question de non-mahram, j’aurais sauté et j’aurais embrassé le Guide », avec une affection et un attachement particuliers.
Nous voyons aujourd’hui les effets de cela sur les terrains ; ce regard paternel et bienveillant qu’il avait envers nos filles, les filles de la société. Elles qui avaient des manquements par rapport à ses directives, aujourd’hui elles expriment avec passion leurs regrets en disant : « Nous avons eu tort, nous ne le connaissions pas, nous l’avons perdu. »
L’année suivante, ce fut le voyage à Kermanshah et, à nouveau, le martyr Soleimani a dit au général Masjedi et à moi-même d’aller à Kermanshah et de rester pendant toute la durée du voyage. La raison de cette mission était que j’avais l’honneur d’être alors commandant du quartier général Ramadan, et la mission du quartier général Ramadan concerne l’Irak. C’est pour cette raison que j’étais choisi pour ce voyage. Le général Masjedi était également responsable de l’état-major des forces et c’est en raison de cette pertinence que nous recevions cette mission.
Cependant, il a dit : « Vous n’avez pas besoin d’aller de l’autre côté de la frontière. Vérifiez et surveillez la ligne frontalière depuis ce côté-ci. Coordonnez la sécurité avec les responsables provinciaux pour qu’elle soit assurée. » Et c’est ce qui s’est produit.
Après le programme du voyage, le Guide a fait passer un message et a invité tous les acteurs à déjeuner. C’était la prière et le déjeuner. Nous avions un quartier général secondaire dont le commandant était M. Naderi – que Dieu lui fasse miséricorde, il est décédé du Covid-19. Je lui ai dit : « Vous êtes actuellement le responsable de la région. Nous allons pour la prière, nous nous asseyons au premier rang. Pouvez-vous, s’il vous plaît, essayer de nous procurer le keffieh du Guide ou non ? »
Nous sommes arrivés plus tôt et nous nous sommes assis au premier rang. Nous avons vu les généraux, les commandants et autres arriver. Par respect, nous sommes passés du premier rang au deuxième. Ils sont encore arrivés et nous sommes passés au troisième. Notre accès au Guide est devenu limité. Je lui ai dit : « M. Naderi, nous n’aurons plus le keffieh. Pouvez-vous nous apporter le tapis de prière du Guide ? Ce tapis de prière, c’est ce mouchoir blanc sur lequel se trouve le Mohr. » Il a dit : « Oui, je peux. » J’ai dit : « Très bien, voyons ce que tu peux faire. »
La prière terminée, une grande foule et différents cercles se sont formés autour de notre Imam martyr. J’ai dit : « Ce tapis de prière aussi est pris par quelqu’un d’autre ; maintenant nous n’y aurons plus accès. » Nous sommes allés pour le programme suivant, qui était le déjeuner et le rappel des souvenirs de notre Imam martyr. Il a prononcé quelques mots. Je l’ai vu arriver à côté de moi, s’asseoir avec joie et dire : « Je l’ai apporté ; j’ai apporté le tapis de prière. » J’ai dit : « Bravo, félicitations, que Dieu te bénisse. »
Le programme du déjeuner s’est terminé et nous sommes allés au quartier général dont il était responsable. J’ai eu pitié de lui. Après tout, il avait fait cet effort et accompli cette action. J’ai dit : « Je ne suis pas un homme injuste. Apporte des ciseaux ; coupons ce tapis de prière en deux, une moitié pour toi et une moitié pour moi, afin que chacun ait une bénédiction. »
Après avoir coupé et divisé en deux, je me suis souvenu de lui demander : « Comment as-tu fait pour l’apporter ? » J’ai demandé : « M. Naderi, au fait, comment l’as-tu eu ? Comment l’as-tu apporté ? » Il a dit : « J’ai regardé, celui qui a ramassé le tapis de prière est allé dans un coin et l’a posé. Quand il n’y avait plus personne, je suis allé prendre ce tapis de prière. » J’ai dit : « Tu as volé ce tapis de prière ? Tu nous as créé un problème ; qu’est-ce qui va se passer ? »
La délégation était partie. Nous avons dit à chaque responsable que nous pensions avoir accès au bureau – le représentant du Guide suprême, le général Soleimani lui-même et d’autres – d’obtenir pour nous une autorisation du Guide pour cette affaire. Maintenant qu’il était déjà coupé, il ne pouvait plus être rendu. Cela n’a pas abouti jusqu’à ce que le ministre de l’Intérieur de l’époque, qui était en voyage en Irak, demande au bureau de faire la prière. Le martyr Soleimani s’en est occupé. J’ai eu l’honneur d’être avec le Guide pour cette prière.
Là-bas, j’ai dit à l’un des membres respectés du bureau : « J’ai une question juridico-religieuse à poser au Guide. Permettez-moi de la poser ; ne dites pas "monsieur, ne parlez pas". » Il a dit : « Les questions juridico-religieuses et les consultations, allez les faire là-bas, dans le bureau spécifique à cette affaire. » J’ai dit : « J’ai affaire au Guide lui-même ; je dois poser la question directement. Cela prendra du temps, je ne peux pas ; cela doit se faire. »
Quoi qu’il en soit, le Guide a accordé sa faveur à la délégation. Quand mon tour est venu, j’ai embrassé la main du Guide et je l’ai retenue. Très rapidement, j’ai raconté l’histoire du vol de son tapis de prière et ce qui s’était passé, et j’ai dit : « Maintenant, ce tapis de prière est entre nos mains. Nous ne pouvons pas l’utiliser. » Il a regardé avec un regard très bienveillant par-dessus ses lunettes et a dit : « Maintenant que tu l’as pris... » J’ai dit : « Oui, je l’ai pris ; mais j’en veux l’autorisation juridico-religieuse. » Il a dit : « il n’y a pas de problème, utilisez-le. »
C’est l’un de nos honneurs au service du Guide et des bénédictions que nous avons eues. Que Dieu accorde une longue vie pleine de dignité à notre cher et nouveau Guide, l’Ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei, et puissions-nous, pour longtemps encore, être témoins de ses directives et de son leadership pour la gloire et la fierté de la République islamique, in-cha-Allah !
02/08/2026


