Mohammad Raad, dans un entretien avec Khamenei.ir :
Le martyr Khamenei : un modèle de fermeté, de conviction et de leadership dans la confrontation avec l’Arrogance mondiale
À l’occasion des cérémonies d’adieux, des funérailles et d’inhumation des corps purs du moudjahid martyr, l’imam Sayed Ali Khamenei, ainsi que des membres de sa famille, Khamenei.ir a réalisé un entretien avec Mohammad Raad, chef du Bloc de la Fidélité à la Résistance au Parlement libanais, au sujet du martyr Khamenei et de son leadership.
Question : Sur la base de votre connaissance et de votre expérience du Guide martyr de la Révolution islamique, comment décririez-vous ses plus importantes qualités personnelles et de leadership ?
M. Raad : En réalité, parler d’une grande figure de l’histoire de l’Islam et du monde musulman, en particulier de leur histoire politique contemporaine, telle que le Guide, l’éminent Ayatollah Sayed Ali Khamenei, compte parmi les tâches les plus difficiles.
Quel que soit l’aspect de sa personnalité que l’on considère, on y trouve une qualité exceptionnelle qui reflète sa grandeur : la certitude et la fermeté de sa foi, la cohérence de sa pensée, sa bonté et sa compassion envers les opprimés, son attachement indéfectible aux principes et aux valeurs immuables, son fidèle engagement à la préservation du Testament de l’imam Khomeiny, fondateur de la République islamique, ainsi que la manière dont il a incarné l’honnêteté et la probité dans un gouvernement juste et légitime en renforçant les fondements et les institutions de la République islamique et en présentant un modèle idéal de gouvernement fondé sur ces principes.
Tous ces piliers solides de son caractère démontrent qu’il était une personnalité unique dans notre histoire contemporaine — et même dans toute l’histoire politique de l’Islam à travers les siècles. Il était courageux, un éminent juriste islamique, un administrateur et stratège compétent, profondément conscient des circonstances de son époque, familier des méthodes et des approches employées par les autres dans l’exercice du pouvoir, et attaché à la souveraineté de l’Islam, à la justice islamique et à la capacité de l’Islam à offrir un modèle politique, administratif et fondé sur le djihad qui préserve les droits de l’humanité et répande la justice dans toutes les sociétés.
Les menaces ne l’effrayaient pas, pas plus que la guerre psychologique ou l’intimidation n’avaient le moindre effet sur lui. Il est demeuré inébranlable, fermement convaincu, par la certitude, la foi et une croyance inébranlable, que quiconque persévère dans la défense de ce qui lui appartient légitimement finira par vaincre son ennemi et remportera de grandes réalisations pour son peuple et sa nation.
Question : Selon vous, quel rôle le Guide martyr de la Révolution islamique a-t-il joué dans le renforcement de la République islamique, le soutien au Front de la Résistance et la confrontation avec les États-Unis et le régime sioniste ?
M. Raad : La force de ce Leader résidait dans sa résilience, sa fermeté et sa capacité à résister à tous les complots et à toutes les menaces dirigés contre la République islamique depuis le tout début de la Révolution en 1978-1979 jusqu’à aujourd’hui, soit une période de quarante-sept ans. Pourtant, après chaque étape de confrontation, la République islamique est ressortie plus forte, plus résiliente et plus déterminée que jamais à poursuivre la réalisation de ses objectifs.
Quels sont les objectifs de la République islamique ?
Ils consistent à établir la vérité, répandre la justice, organiser les affaires de la nation musulmane de telle sorte que les puissances hostiles ne puissent pas s’immiscer dans sa société et ses affaires, et bâtir une société islamique attachée aux commandements divins - des commandements qui défendent la Vérité, affrontent le Faux et ses partisans, et luttent contre eux. Ce sont parmi les objectifs les plus nobles et les plus élevés.
De même, la République islamique cherche à défier une communauté internationale qui parle constamment le langage des droits de l’homme sans jamais les défendre véritablement. Au contraire, cette communauté internationale permet aux grandes puissances de piétiner les droits des peuples plus faibles et favorise leurs complots afin de détourner l’attention des opprimés de ceux qui s’emparent de leurs droits, pillent les richesses de leurs nations et dominent leurs gouvernements.
L’expérience du Guide, sa fermeté et la démonstration constante par lui des faits montrant que même des ennemis apparemment invincibles peuvent être vaincus ont révélé la véritable nature de ces ennemis. La preuve la plus évidente en est ce dont nous sommes aujourd’hui témoins.
La confrontation entre la République islamique et le « Grand Satan » - les États-Unis - ainsi que son « chien enragé », le régime sioniste, a révélé que le prestige des États-Unis relevait en grande partie de l’illusion. L’Amérique est sortie vaincue de ce conflit. Elle n’a pas atteint ses objectifs, s’est montrée incapable d’évaluer correctement la situation et s’est appuyée sur des forces hors-la-loi et criminelles pour contraindre les nations à se soumettre à sa politique. Cela est apparu clairement à Gaza, où elle a permis le génocide et soutenu l’ennemi sioniste dans sa mise en œuvre, en piétinant la dignité humaine et les droits fondamentaux de l’homme.
En revanche, l’Iran est sorti, de cette guerre, fier, fort et victorieux. Il a réussi à imposer sa propre volonté, ses objectifs et les résultats qu’il souhaitait à son adversaire américain. Cela est devenu manifeste dans le récent mémorandum d’entente. Chaque fois que j’en ai examiné les dispositions, je n’y ai trouvé aucune clause répondant aux exigences américaines. Les quatorze clauses servaient les intérêts de la République islamique. Bien entendu, la mise en œuvre de ces dispositions est une autre question, mais le titre et le message du document étaient clairs dès le départ.
Quoi qu’il en soit, cela constitue un exemple montrant que la fermeté dans la vérité et l’attachement inébranlable à celle-ci conduisent finalement aux résultats souhaités que l’on peut espérer obtenir en s’en tenant à ce qui est juste.
Le soutien aux opprimés, le soutien aux musulmans et le soutien aux peuples opprimés étaient des principes qui n’ont jamais quitté l’esprit ni la pensée du Guide suprême. Au contraire, ils sont demeurés des préoccupations constantes qu’il a transformées en programmes concrets destinés à assister et à soutenir les peuples ainsi que les mouvements anti-impérialistes.
L’Iran a tendu maintes fois la main de secours pour soutenir, assister et venir en aide à ces peuples afin qu’ils puissent obtenir leurs droits - des terres les plus lointaines jusqu’aux pays les plus pauvres et les plus démunis. La main généreuse que le Guide martyr a tendue à ces peuples et à ces mouvements a offert une image claire et inspirante de la République islamique et de son rôle dans le monde.
Question : À la suite du martyre du Guide de la Révolution, quel est, selon vous, le plus important héritage intellectuel et pratique qu’il a laissé à l’Umma islamique et au mouvement de la Résistance ? Quels enseignements avez-vous tirés de son exemple ?
M. Raad : La perte et le martyre de notre Guide et Wali-Faqih, Sayed Ali Khamenei, que Dieu sanctifie son âme, constituent pour nous une perte irréparable.
Il avait lui-même déclaré au sujet du Secrétaire Général martyr, Sayed Hassan Nasrallah, qu’il était une personnalité sans égale. Pour notre part, nous disons que cette personnalité sans pareille a été formée dans l’école de pensée de Son Eminence et qu’elle est devenue une figure extraordinaire parce qu’elle a suivi sa méthode, l’a profondément aimé et lui a voué une entière fidélité.
Il en est arrivé au point de ne chercher de guidance qu’auprès de lui, et tout ce que le Guide suprême désirait devenait pour lui une obligation religieuse — non seulement ce qu’il ordonnait explicitement, mais même ce qu’il préférait et approuvait. Telle était sa dévotion, car ce juriste et ce Leader méritait d’avoir des soldats prêts à tout sacrifier afin de concrétiser sa vision et son jugement éclairé.
Lorsque les nations viendront réellement à ressentir son absence, elles comprendront l’immense perte qu’elles ont subie par son martyre.
Il a atteint le salut et le rang du martyre, mais c’est nous qui l’avons perdu. Rien ne peut compenser cette perte, si ce n’est de demeurer fermes sur sa voie et de suivre fidèlement sa méthode.
Tel est notre conseil à tous nos frères du Hezbollah ainsi qu’aux autres mouvements de la Résistance.
Gaza l’a perdu. La Résistance à Gaza l’a perdu. Chaque mouvement de Résistance dans le monde qui se dresse contre les puissances arrogantes l’a perdu. La Palestine et sa cause l’ont également perdu.
Sans sa présence et son insistance inébranlable à soutenir la cause palestinienne, cette cause aurait disparu il y a plus d’un quart de siècle. Pourtant, il n’a cessé de lui insuffler une nouvelle vie, d’appeler au djihad et à la fermeté, et d’entretenir l’espoir dans le cœur des combattants palestiniens afin qu’ils demeurent résolus face à l’occupation sioniste.
L’ennemi sioniste, dans sa confrontation avec l’Iran, a perdu l’image de supériorité qu’il avait cultivée dans toute la région, car son incapacité à atteindre ses objectifs contre l’Iran est devenue incontestablement évidente. Cela, à lui seul, est une source de fierté pour l’Iran.
Nous adressons toutes nos salutations et tout notre respect à l’Iran, à son Guide, le Wali-Faqih, l’Ayatollah Sayed Mojtaba - que Dieu le protège et prolonge son ombre - ainsi qu’à ses responsables, à ses institutions politiques et militaires, y compris le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, l’Armée et le Bassidj, ainsi qu’au grand peuple iranien.
C’est un peuple qui a démontré sa valeur dans l’arène de la vie. C’est précisément ce peuple dont l’image avait longtemps été déformée auprès des nations du monde, mais il est désormais devenu évident qu’il compte parmi les plus grands peuples de la terre, parce qu’il a reconnu la voie de la vérité, appris à défendre ses droits, compris que la patrie est le bien le plus précieux de l’humanité et réalisé que sa défense constitue la plus haute priorité.
Ils ont mis de côté leurs divergences et se sont unis autour de leur Guide suprême, de leur système politique et de leur lutte contre leur ennemi commun. La fermeté du grand peuple iranien est un exemple instructif pour nous tous. Le Guide, l’imam Khamenei, que Dieu sanctifie son âme, s’est toujours efforcé de préserver l’unité du peuple iranien.
Je n’oublierai jamais l’image de lui debout à la chaire lors de la prière du vendredi à Téhéran en 2009, pendant les jours de troubles. Sa voix tremblait d’émotion lorsqu’il s’adressa à notre Maître, l’imam al-Mahdi (que Dieu hâte sa réapparition), en disant : « Je suis impuissant. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir. La République islamique vous appartient ; administrez-la comme vous le jugez bon. »
Si ces paroles signifient quelque chose, elles témoignent de la fermeté de sa certitude et de la profonde préoccupation qu’avait le Guide martyr pour préserver l’unité du peuple iranien. Elles reflètent également sa conviction que tous les responsables et administrateurs de l’Iran doivent travailler ensemble afin de réaliser les aspirations de la nation.
La compétition a sa place, mais l’unité d’objectif doit toujours primer, car l’unité d’objectif garantit l’unité du pays.
Nous avons tiré d’innombrables enseignements de lui.
Au cours de ces jours difficiles que nous n’aimons pas évoquer au Liban, lorsque des tensions sont apparues entre nous et nos frères du mouvement Amal, je lui ai rendu visite.
Il était profondément préoccupé et attristé. Son principal conseil, qu’il répétait sans cesse, était : « Préservez votre unité. Ne vous laissez jamais entraîner à vous combattre les uns les autres et ne donnez jamais à vos ennemis une raison de se réjouir de vos divisions. » À partir de ce moment-là, nous nous sommes consacrés à l’unification de nos rangs, à l’harmonisation de nos positions et au rapprochement des points de vue afin de préserver notre unité face à nos ennemis.
Aujourd’hui, nous récoltons les fruits de ce conseil. Le Guide suprême ne connaissait jamais le désespoir. Il injectait constamment de l’espérance.
À une certaine occasion, nous pensions qu’un accord était en train de se dessiner au prix de l’élimination de la cause palestinienne. Les États-Unis, Israël et leurs alliés semblaient déterminés à contenir les forces arabes et à les empêcher de soutenir la Palestine.
Nous avons rencontré Son Eminence et lui avons fait part de nos préoccupations, empreintes d’une profonde inquiétude. Lorsque nous eûmes terminé de parler, il a regardé chacun d’entre nous en souriant. À la tête de notre délégation se trouvait l’éminent martyr Sayed Hassan Nasrallah. Le Guide suprême a déclaré : « Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Nous accomplissons notre devoir, et c’est Dieu qui dirige les affaires. » Il a cité ensuite une parole du prophète Muhammad qui est restée gravée dans ma mémoire depuis ce jour-là, aux alentours de l’année 2002 : « Espérez davantage ce que vous n’attendez pas par rapport à ce que vous attendez. Moïse est parti chercher du feu pour sa famille, mais il est revenu en tant que prophète. » C’est Dieu qui dirige les affaires. C’est Dieu qui détermine les rôles que les hommes jouent. Cette voie demeure sous Sa protection.
Nous ne voyons que les apparences extérieures et les réalités présentes, mais il existe aussi un monde invisible que nous ne devons jamais négliger, pas plus que nous ne devons jamais nourrir de mauvaises pensées à l’égard de Dieu le Tout-Puissant. Notre devoir consiste simplement à accomplir notre obligation. Et, en effet, c’est exactement ce qui s’est produit.
En l’espace de quelques semaines et de quelques mois, tous les efforts qui avaient progressé jusqu’au seuil de l’extinction de la cause palestinienne à travers divers plans dits de paix et accords de règlement ont finalement échoué.
Question : Si vous deviez résumer les dimensions les plus importantes de l’école de pensée intellectuelle et administrative de l’Ayatollah Khamenei, ainsi que son message pour l’avenir de l’Umma islamique, que diriez-vous ?
M. Raad : Chaque fois que nous évoquons la personnalité du Guide martyr, nous nous souvenons également de sa sagesse dans la conduite des affaires de l’Iran. Il définissait des priorités claires pour le pays et, au début de chaque année, annonçait un thème précis destiné à servir d’objectif directeur pour la nation. Il déclarait : « Voici le slogan de cette année », orientant ainsi le travail des responsables, les efforts des administrateurs et les activités de tous ceux qui servaient le pays vers un objectif national commun. Il accordait une grande importance au développement, soulignait constamment la nécessité de renforcer l’économie, portait une attention particulière à l’expansion de la production industrielle et insistait sur l’élargissement des horizons de la science et du savoir. Il était déterminé à ce que l’Iran ne soit jamais privé de son droit au progrès scientifique et au développement technologique, afin qu’il n’ait pas à tendre une main de dépendance aux puissances arrogantes pour répondre à ses besoins. De cette manière, il cherchait à empêcher ces puissances d’exploiter les besoins économiques ou technologiques de l’Iran comme moyen de s’ingérer dans ses affaires intérieures.
À ses yeux, tel était le véritable sens de la Révolution, de l’indépendance authentique et de la souveraineté véritable. Ce dont nous avons été témoins pendant la guerre récemment imposée à l’Iran - la force du pays, l’efficacité de son administration, la cohésion de son organisation, la justesse de son jugement, la compétence de ses services de sécurité, de sa direction militaire et politique, de sa gestion économique, ainsi que la solidarité manifestée par le peuple iranien aux côtés de ses responsables dans la confrontation avec leurs ennemis - n’était qu’un des nombreux fruits des efforts du Guide suprême, l’Ayatollah Khamenei, que Dieu sanctifie son âme.
On pourrait parler de lui très longuement ; en vérité, des milliers de volumes pourraient être écrits sur sa vie et son héritage. J’ai toujours suivi les publications émises par le Bureau de l’Imam et du Guide suprême, notamment ses discours, ses sermons du vendredi et ses directives. Ces ouvrages se comptent désormais par dizaines, voire par centaines, et tous sont consacrés à former des générations fermes, opposées à l’Arrogance mondiale, dévouées à Dieu, conscientes de leurs droits et pleinement convaincues que ces droits pourront finalement être obtenus. Ils cherchent à élever des générations qui attendent la délivrance promise tout en se préparant à la réapparition de l’Imam al-Mahdi (que Dieu hâte sa réapparition).
Que Dieu lui fasse miséricorde et nous garde fermes sur sa voie et sa méthode - une voie qui est, en vérité, celle de l’Imam Hussein (paix sur lui), dont nous commémorons le martyre et la perte pour l’Ummah islamique en ces jours [de Mouharram]. Que Dieu fasse de nous et de vous ceux qui demeurent fermes dans leur fidélité à la wilayah.
01/07/2026



